La Constitution garantit la liberté d'expression, la liberté de réunion et la liberté d'association. Leur exercice se heurte à un contexte marqué par la guerre en Ukraine et par les campagnes d'influence étrangères. Les évaluations internationales situent la Moldavie dans une position intermédiaire.
Reporters sans frontières place la Moldavie au 31e rang sur 180 pays dans son indice 2026, contre le 35e rang un an plus tôt. L'organisation juge la situation satisfaisante et relève un recul de l'emprise des oligarques sur les lignes éditoriales. Freedom House attribue au pays 60 points sur 100 en 2026 et le classe parmi les États partiellement libres.
Le paysage audiovisuel reste polarisé entre médias proeuropéens et médias prorusses. Pendant l'état d'urgence, en vigueur jusqu'au 30 décembre 2023, la Commission des situations exceptionnelles a suspendu les licences de douze chaînes de télévision et bloqué des dizaines de sites internet. L'autorité créée ensuite a retiré la licence d'au moins dix-huit chaînes. Dans un rapport publié en novembre 2025, Amnesty International estime que ces mesures ne satisfont pas aux exigences de légalité, de nécessité et de proportionnalité. Les autorités moldaves les présentent comme une réponse de temps de guerre à la propagande russe et invoquent la lenteur des tribunaux.
Les organisations non gouvernementales sont actives dans l'observation électorale, la justice et les droits humains. Promo-LEX déploie des missions d'observation lors des scrutins. Le Centre pour le journalisme indépendant suit la situation des médias. Amnesty International signale des cas de harcèlement de journalistes et une autocensure dans certaines rédactions.
Le recensement de 2024 dénombre 76,7 % de Moldaves et 8 % de Roumains. Les Ukrainiens représentent 5,1 % de la population, les Gagaouzes 4 %, les Russes 3,4 %, les Bulgares 1,6 % et les Roms 0,4 %. Le russe demeure la langue maternelle de 11,6 % des habitants. La loi prévoit un enseignement dans les langues minoritaires. Le comité consultatif de la convention-cadre du Conseil de l'Europe recommande d'améliorer l'accès des Roms au logement, à l'emploi et aux soins. Dans le territoire transnistrien, hors du contrôle de Chisinau, les organisations internationales font état de fortes restrictions à la liberté d'expression.
Des campagnes de manipulation de l'information venues de Russie ont été documentées lors des scrutins de 2024 et de 2025. Des chercheurs ont identifié des réseaux de chaînes Telegram et de faux sites d'information. Chisinau a répondu par des blocages de sites et par une législation réprimant la diffusion de fausses informations. Des juristes et des organisations de défense de la presse jugent la définition retenue trop vague. Le débat porte sur l'équilibre entre sécurité de l'information et liberté d'expression.