La peinture moldave est jeune comme discipline profane. Elle naît de l'art religieux, se structure sous l'administration russe, s'ouvre à l'Europe entre les deux guerres, puis traverse quarante ans de commande soviétique.
Les premières images sont des icônes et des peintures murales d'églises et de monastères. La peinture de chevalet apparaît au XIXe siècle, portée par des artistes formés en Russie. Vladimir Ocușco (1862-1919) étudie à Saint-Pétersbourg. Eugenia Maleșevschi (1863-1942) est l'élève d'Ilia Répine.
L'École des beaux-arts de Chisinau ouvre en 1919. La vie artistique se diversifie durant l'entre-deux-guerres et s'inspire du symbolisme, du postimpressionnisme, de l'Art nouveau et de l'expressionnisme. Auguste Baillayre (1879-1961), né à Vernet-les-Bains dans les Pyrénées, enseigne à Chisinau de 1918 à 1943 et devient la personnalité artistique majeure de la Bessarabie. Le sculpteur et peintre Alexandru Plămădeală (1888-1940) appartient à la même génération.
Mihai Grecu (1916-1998) est le nom le plus cité de la peinture moldave. Il cofonde l'école supérieure de peinture du pays et passe d'un classicisme appris à une manière proche de l'art naïf. Les Portes d'Orheiul Vechi, peintes entre 1968 et 1974, comptent parmi ses œuvres connues. Valentina Rusu-Ciobanu (1920-2021), élève de Baillayre puis de l'académie de Iași, développe un réalisme poétique aux couleurs franches. Moisei Gamburd et Glebus Sainciuc relèvent de la même période. Igor Vieru (1923-1988) a laissé son nom au lycée des beaux-arts de Chisinau, et sa maison natale de Cernoleuca est devenue un musée. Eleonora Romanescu (1926-2019) s'est consacrée au paysage et a reçu le prix national de la République de Moldavie en 2013.
Le Musée national d'art de Moldavie, à Chisinau, a été créé en 1939. Il conserve environ quarante mille pièces, de l'art religieux à la création contemporaine, et n'en expose qu'une faible partie. Ses fonds réunissent art religieux, peinture nationale, peinture universelle, dessin et arts décoratifs. La collection nationale de peinture couvre trois générations d'artistes, de la fin du XIXe siècle à aujourd'hui. Les œuvres de Romanescu figurent aussi au Parlement roumain et à la galerie Tretiakov de Moscou.