La littérature de Moldavie partage son fonds avec la Roumanie. Elle garde aussi une histoire propre, née de la Bessarabie russe puis de la république soviétique. Des écrivains de langue roumaine et de langue russe coexistent sur le même territoire.
Les premiers textes marquants sont des chroniques. Grigore Ureche (1590-1646) écrit le Letopisețul Țării Moldovei, chronique du pays de Moldavie. Miron Costin (1633-1691) la poursuit et signe en 1687 De neamul moldovenilor, sur l'origine des Moldaves. Ion Neculce (1672-1745) prend le relais et laisse O samă de cuvinte. Le métropolite Dosoftei publie des poèmes en roumain dès 1673. Dimitrie Cantemir (1673-1723) donne en 1714 la Descriptio Moldaviae, première description savante du pays.
Sous administration russe, la vie littéraire se réduit fortement. Alexei Mateevici (1888-1917) en est la figure centrale. Son poème Limba noastră, écrit en 1917, célèbre la langue maternelle. Mis en musique par Alexandru Cristea, il sert d'hymne national depuis 1994 et a été adopté officiellement le 22 juillet 1995.
La production reste encadrée, mais quelques auteurs s'imposent. Ion Druță et Grigore Vieru sont les plus lus, l'un en prose, l'autre en poésie. Vladimir Beșleagă publie dans les années 1960 Zbor frânt, traduit dans une dizaine de langues. Spiridon Vangheli crée le personnage enfantin de Guguță, traduit dans quarante langues. Le poète Emilian Bukov (1909-1984) et le critique Mihai Cimpoi complètent ce paysage.
Les échanges avec la Roumanie se sont intensifiés depuis 1990. Tatiana Țîbuleac, née à Chisinau et installée en France, est la plus lue en français avec L'été où maman a eu les yeux verts et Le jardin de verre, lauréat du prix de littérature de l'Union européenne en 2019. Le dramaturge et poète Dumitru Crudu ainsi que Savatie Baștovoi sont également traduits. Vasile Ernu a connu un large écho avec Născut în URSS. Vladimir Lorchenkov écrit en russe depuis le Canada.